Sur un événement, beaucoup d'appareils se branchent en monophasé, sur une simple prise 16 A. Pourtant, l'armoire de distribution qui les alimente est le plus souvent triphasée. Comment passe-t-on de l'un à l'autre, et pourquoi la façon de brancher les appareils change-t-elle la taille de la source ?
Reprenons depuis le départ
Nous travaillons sur un réseau 230/400 V. Une installation triphasée comporte trois phases, notées L1, L2 et L3. En raccordement tétra, s'y ajoutent le neutre et la terre. Sur ce réseau :
- entre une phase et le neutre, on a 230 V : c'est le monophasé ;
- entre deux phases, on a 400 V : c'est le triphasé, qui transporte plus de puissance à intensité égale.
Un appareil triphasé charge les trois phases. Un appareil monophasé, lui, n'en charge qu'une. Les charges monophasées se répartissent donc entre L1, L2 et L3, et c'est là que tout se joue.
La phase la plus chargée fait la loi
Une source se dimensionne sur sa phase la plus chargée. C'est la méthode de notre bilan de puissance : source à prévoir = 3 × 230 V × courant de la phase la plus chargée.
Par exemple, prenons trois appareils monophasés qui consomment chacun 10 A :
- répartis sur L1, L2 et L3, chaque phase porte 10 A, et la source à prévoir est de 3 × 230 V × 10 A = 6 900 VA, soit 6,9 kVA ;
- branchés tous les trois sur L1, cette phase porte 30 A, et il faut 3 × 230 V × 30 A = 20 700 VA, soit 20,7 kVA.
Mêmes appareils, même consommation, mais une source trois fois plus grosse et un calibre de raccordement plus élevé. Un déséquilibre oblige donc à surdimensionner l'installation, pour rien.
C'est pourquoi notre outil de bilan de puissance répartit automatiquement les lignes monophasées : il les place une à une, des plus puissantes aux moins puissantes, sur la phase la moins chargée.
Pour résumer, le monophasé alimente les appareils, le triphasé alimente l'installation, et l'équilibre entre les phases fixe la taille de la source.
Ce n'est pas la puissance totale qui dimensionne la source, c'est la phase la plus chargée.